Près d’un an après la signatude des accords de sortie de crise du 12 octobre 2016, la tension monte d’un cran entre l’aile dure de l’opposition, pilotée par Cellou Dalein Diallo, et ” Sékhoutouréyah”. Et le décès de deux jeunes opposants, tués par balles par des forces de l’ordre, n’arrange pas du tout les choses entre Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo. Le leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée s’exprime, au micro de la BCC, sur la situation qui prévaut en Guinée. L’ancien premier ministre de Conté déplore l’impunité et l’indifférence du chef de l’Etat au sujet des tueries qui ensanglantent régulièrement les manifestations pacifiques de l’opposition. Cellou Dalein Diallo envoie également un message aux populations de la préfecture de Boké, fâchés avec l’administration Condé. Extraits.

“Je suis triste de voir que les forces de l’ordre, le gouvernement persistent à faire usage de leurs armes à feu contre des manifestants pacifiques. Nous avons plus de 80 morts. Des jeunes assassinés à bout portant par les forces de défense et de sécurité à l’occasion de nos manifestations pacifiques. Ce qui est révoltant, c’est qu’ils n’ont jamais eu droit à la justice. Jamais une enquête n’a été ouverte. Jamais une sanction administrative n’a été prononcée à l’endroit des assassins. Et, naturellement, l’impunité entraîne à la récidive. On continuer à tuer des Guinéens sans que ces derniers ne puissent bénéficier de la justice.

Justice

C’est une première. Il faut le dire. Parce que, comme je vous le dis, depuis l’arrivée de monsieur Alpha Condé, plus de 80 jeunes ont été tués comme ça, à bout portant. Jamais le gouvernement n’a ouvert une enquête et n’a jamais pris de dispositions à l’endroit des responsables administratifs de la police. C’est une première. On espère que l’annonce sera suivie de faits (…)

Nous avons pris acte de cet engagement pris par le ministère de la justice. On pense que ce sera suivi d’effets.

Mais, il ne faut pas oublier que, depuis 2013, nous avons des accords politiques qui demandent au ministère de la justice de diligenter des enquêtes pour identifier les auteurs des crimes commis lors de nos manifestations pacifiques. (…)

On a déclenché une série de manifestations pour protester contre la mauvaise gouvernance et, surtout, contre le refus des autorités d’appliquer notre accord de sortie de crise du 12 octobre dernier (…)

C’est tendu parce qu’il y’a la mauvaise gouvernance, il y’a une crise de confiance énorme entre les gouvernants et les gouvernés. Le peuple de Guinée est révolté de savoir qu’il y’a des détournements massifs des biens de l’Etat, y’a une grande corruption au sommet de l’Etat. Les dirigeants ne font que s’enrichir alors que les populations continuent de croupir dans la misère ( …)

S’il y’a une croissance, nous sommes d’accord. Mais, ça ne profite qu’à une poignée de gens autour du président. On ne peut pas rester indifférent, laisser monsieur Alpha Condé diriger notre pays comme une république bananière.

L’organisation de élections ne peut pas dépendre de l’humeur du président de la république (…)

Il y’a 7 ans que ces élections locales auraient du se tenir. Le Mali, malgré la situation sécuritaire qui prévaut dans ce pays, a organisé les législatives et les élections locales (…)

Je leur demande de ne pas détruire les biens publics. Je leur demande de manifester dans la rue. Mais, de ne pas détruire le peu d’infrastructures que nous avons”.