Comme beaucoup de Guinéens j’ai noté la coïncidence troublante entre l’annonce de la « fausse mort » du Chef de l’État et l’assassinat du Chérif de Sagalé. J’ai été encore plus troublé lorsque j’ai lu que le ministre avait l’ordre de ramener le présumé coupable à Conakry alors qu’il y a un tribunal de LABÉ (région du ressort du lieu du crime.

Maintenant que la mort du coupable présumée est annoncée, je m’interroge sur la persistance des autorités de Conakry d’ y voir la main noire du djihadiste dans cet assassinat. J’ose croire qu’elles ne cherchent pas à indexer le fouta comme sanctuaire du terrorisme international pour justifier les violences et l’occupation militaire de cette région en prélude à la volonté à peine déguisée d’Alpha Condé pour tripatouiller la constitution. Ce serait alors jouer avec le feu car notre pays est épargné par cette gangrène.

Le crime odieux de sagalé doit être expliqué car nous refusons l’idée de la mort du coupable sans élucidation du crime car autorités ont eu suffisamment du temps avec plus de 10 jours pour dénouer cette abomination. Les approximatives et les tentatives d’explication politique ou de falsification seront dénoncées et condamnées. Le gouvernement est dès à présent averti que toute récupération plongera les populations guinéennes dans une psychose aux conséquences inimaginables et le citoyen n’est pas prêt à se résigner.

Il est urgent pour le gouvernement d’agir avec responsabilité pour l’acceptation des conclusions de l’enquête judiciaire, car nous sommes déjà suffisamment ébranlés par l’assassinat sauvage d’un « saint-homme » pour jouer avec nos nerfs.