Bac 2018 : 26 % de réussite, ou l’échec du système éducatif guinéen!

Avec 26% d’admis selon les résultats définitifs, le bac 2018 vient de battre des records d’échecs. Il faut remonter dans les années 80 notamment du du Ministre Diarra pour trouver pire.

On peut comprendre la satisfaction des quelques 5000 nouveaux bacheliers, qui ont ainsi obtenu leur billet d’entrer dans l’enseignement supérieur. Et l’on s’en voudrait de gâcher leur plaisir. Mais pour autant, ces résultats sont-ils gage de bonne formation et de bon niveau d’acquisition du savoir de base ? Disons-le tout net : la réponse est négative.

Depuis longtemps, les gouvernants ne cherchent qu’à modeler leurs listes en fonction des places disponibles dans les universités. Une forme de numerus clausus à la guinéenne. Ceci est encore plus vrai depuis la quasi interdiction des affectations des étudiants dans les universités privées.

Les questions pertinentes du sociologue guinéen Dr Bano Barry sonnent encore dans nos oreilles.

En effet, comment concilier, le taux très faible de succès au bac avec les piètres performances des élèves sur l’acquisition des savoirs de base ? Autrement, comment expliquer cette baisse régulière du taux d’admis, par rapport à la cohorte de néo-bacheliers peinant à rédiger quelques lignes dans un français à peu près correct, ou ne disposant pas d’un minimum de culture générale ?

Quand Dr Bano, en tant qu’expert, pointe une baisse générale du niveau à la sortie de l’enseignement secondaire, sa pensée est détournée sans que des réponses adéquates ne viennent corriger le problème. Surtout que dans ses explications, le sociologue a pointé aussi du doigt le faible niveau des enseignants et la surpopulation scolaire.

À partir de là, il apparaît clairement que, les résultats du bac ne sont plus déterminés par le niveau des candidats: ils découlent avant tout d’objectifs chiffrés fixés par l’éducation nationale qui obéit à des ambitions politiciennes de maîtrise du nombre des étudiants.

Mais croit-on vraiment rendre service aux élèves en leur proposant un examen de plus en plus dévalorisé – certains disent « bradé » ? Quel message leur envoie-t-on, lorsque les conditions ne sont pas créées pour que le travail studieux et l’acquisition patiente des connaissances permettent de faire la différence ?

A cette question nous espérons une ou des vraies réponses. Loin des solutions focalisées sur le nombre, mais sur la qualité de nos jeunes diplômés. Et c’est là que les sociologues et chercheurs comme Dr Bano devraient davantage travailler. Surtout qu’ils se rendent compte qu’en abaissant la qualité de notre système éducatif, l’Etat renonce à sa mission. Sur fond d’injustice social, il réduit peu à peu la possibilité pour les moins favorisés de progresser dans la société à partir de l’école.

Dans l’attente, il est à constater que l’heure est grave pour le système éducatif guinéen. Une situation que chacun doit déplorer, puis exiger des mesures correctives d’urgence dans l’éducation.

Les promoteurs de la haine, un danger pour la Guinée !

Ces huit dernières années, la Guinée s’illustre par la montée de l’intolérance, de l’impunité, le développement des discours haineux et la formation des milices.

Nous aurions tort de ne pas nous en inquiéter parce qu’il y a un effet de multiplication et par conséquent, un danger qui plane sur la cohésion nationale et la paix.

Les discours haineux se nourrissent les uns les autres. Le tissu social se dégrade et du même coup, les populations sont remontées les unes contre les autres, donnant ainsi davantage d’arguments à ceux qui propagent les discours haineux. Il faut citer parmi ces derniers Amadou Damaro Camara, Nantou Chérif et Aboubacar Soumah. Sans oublier Bantama Sow, Bany Sangaré, Souleymane Keïta, Hady Barry, Malick Sankhon, Souleymane Traoré etc. Ces principaux promoteurs de la haine exploitent le communautarisme dans tous les sens pour défendre un pouvoir corrompu et incompétent.

Une solution urgente s’impose face cette situation préoccupante à maints égards. Et cette solution passe par la prise de conscience du pouvoir en place qui doit obliger ces membres ci-haut cités à se ressaisir. Quitte à les à les sanctionner.

Il faut leur dire que le moment est venu de ne peuvent plus se cacher derrière une prétendue protection d’un chef ou une communauté ; de leur dire qu’ils constituent la principale menace contre le chef de l’Etat et notre pays…

Le RPG doit s’inscrire dans la logique de la paix en acceptant les règles de la démocratie et en admettant dignement l’échec de sa gouvernance qui n’est plus à démontrer. La corruption, l’impunité et l’injustice en sont des preuves éloquentes.

Pour notre part, nous de l’opposition, devons choisir avec prudence notre façon de répliquer aux arguments fallacieux de ces faucons qui prétendent être avec le peuple dont ils mangent la chaire et sucent le sang.

Nous devons garder en permanence en tête que nos adversaires sont les champions de la désinformation; que leurs arguments ne se basent que sur la peur, le communautarisme, l’ethnocentrisme et le ressenti plutôt que les débats d’idées.

Quant aux autorités, les religieux, et la communauté internationale, le moment est venu pour vous de prendre votre responsabilité pour éviter le pire à la Guinée.

Ousmane Gaoual

Député

Vice-président de la commission défense et sécurité

C’est la fin de partie pour Alpha !

Le ton est donné par les femmes guinéennes. Aucune hypothèse n’est désormais à écartée sur l’issue des crises qui secouent notre pays au regard de l’immense rejet qui frappe l’actuel chef de l’État et son RPG arc-en-ciel.

Tous les feux de la contestation sont allumés. Dans les rues de Conakry, de l’intérieur du pays ou sur internet, fleurissent des banderoles et autres supports portant des slogans comme « Alpha ZÉRO », « Alpha Corrompu », « Alpha footé kha Waliké » etc.

Il est donc illusoire d’exclure le pire. Y compris une révolte généralisée contre Alpha Condé et son clan, qui le conduirait à abandonner le pouvoir. Une chose est sure, les crises sont telles qu’on ne peut plus rien maîtriser. Remettant au goût du jour l’expression qui dit que « les coups d’État, on les prépare ; mais les révolutions et les insurrections on les subit. »

Le chef de l’état est seul, abandonné de tous depuis le début de son second mandat. 30 mois, c’est le temps qu’il aura fallu à Alpha Condé pour offrir le visage du président naufragé qu’il est, au fond, incapable de fixer un cap et de convaincre ses concitoyens.

Son gouvernement officiellement conduit par Youla est aux abois. Miné par une majorité corrompue occupée à la prévarication de nos ressources, donnant l’image que le général ne peut plus contrôler sa troupe. Même si la crise provoquée à la Cour Constitutionnelle sous le regard indifférent du chef de l’état, après celle arrivée à bout de Bakary Fofana à la CENI viennent révéler les intentions à peine cachées du président pour se pérenniser au pouvoir.

La Guinée est au bord du chaos. Les entreprises nationales croulent sous une fiscalité exorbitante et désordonnée. Le président de la république est hué à chacune de ses apparitions publiques. La crise dans l’éducation s’amplifie, laissant planer le spectre d’une année blanche. Les forces de défense et de sécurité sont sous pression à force de tuer sur ordre leurs frères et sœurs guinéens. Et pour couronner le tout, l’opposition est déterminée à récupérer ces voix volées lors des municipales du 4 février dernier.

Alpha Condé discrédité par ses reculades à répétition (lutte contre la corruption, lutte contre l’impunité etc.). Son incapacité à tenir ses engagements ont fait qu’aucun de ses interlocuteurs ne lui fait plus confiance. Impuissant devant la grogne politique et sociale qu’il subit de toutes parts, le chef de l’État paie avant tout son échec après avoir réussi à la fois à saper les institutions démocratiques et à casser les fondements de l’État de droit basé sur la confiance.

C’est donc le retour du bâton pour un président de la République qui aura trompé les guinéens durant sa campagne présidentielle en maquillant la gravité de la crise sociopolitique et économique; et qui a toujours fait la sourde oreille face aux mécontentements plus que légitimes des Guinéens. Et à l’allure des choses, il est rattrapé par la réalité des choses et n’a qu’une seule alternative: s’aménager une sortie en douceur ou couler. C’est la fin de partie pour Alpha!

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Ousmane Gaoual

Député

Vice-président de la Commission Défense et Sécurité.

Gouverner les algorithmes pour éviter qu’ils nous gouvernent

Pour ne pas perdre la main sur les programmes, amenés à décider à notre place, la transparence du code ne suffit pas. Il faut comprendre ces derniers et maîtriser les critères qui influent sur leurs choix.

De plus en plus de décisions qui ont des implications sur nos vies dépendent du résultat de systèmes algorithmiques. On peut s’en rendre compte avec les informations affichées sur nos réseaux sociaux ou lors d’achats effectués après avoir reçu des recommandations ciblées, mais les algorithmes influencent de fait bien d’autres moments de nos existences : demandes de prêt ou d’assurance, diagnostics médicaux, et peut-être, demain, décisions de justice. S’ils permettent d’harmoniser certains traitements ou d’exploiter, avec profit, de grandes masses de données, leur conception n’est pas neutre, et leurs résultats ne sont pas forcément corrects. Ces algorithmes mettent en œuvre, le plus souvent de manière opaque, des critères de priorité, de préférence, de classement qui ne sont généralement pas connus des personnes concernées. Cette opacité inquiète, à juste titre, car elle peut masquer toutes sortes de dérives : discriminations, traitements déloyaux, manipulation, etc.

Mais une question plus générale se pose : celle de l’autonomie des décideurs humains et de la maîtrise qu’ils peuvent garder sur leurs décisions. Comment le médecin, l’assureur, le juge ou le simple citoyen pourront-ils éviter de suivre aveuglément les recommandations fournies par des algorithmes réputés fiables et fonctionnant de manière opaque ? De quels recours pourront disposer les personnes concernées par des décisions qui leur seraient défavorables ?

Pour répondre à ces craintes, on met généralement en avant une exigence de «transparence des algorithmes». Le terme de «transparence» est souvent interprété comme l’obligation de mettre sur la place publique des textes d’algorithmes ou des codes de logiciels. Une telle publication peut être exigée dans certaines situations, comme cela a été le cas cette année pour feu APB, l’algorithme d’admission post-bac. Cependant, elle ne devrait pas être interprétée comme une manière, pour ceux qui mettent en œuvre ces algorithmes, de s’exonérer de leurs responsabilités. De plus, la publication n’est pas forcément un gage de meilleur contrôle sur les algorithmes. On sait, en effet, que leurs codes peuvent être complexes, difficiles à appréhender pour des profanes, et que leurs résultats peuvent aussi dépendre de données d’apprentissage. D’un point de vue juridique, la publication peut aussi entrer en conflit avec des enjeux de propriété intellectuelle ou de secret des affaires, ou encore favoriser les usages abusifs.

Plutôt que de tout miser sur la transparence, il serait plus efficace de s’inspirer d’autres secteurs d’activité également confrontés aux risques technologiques, comme ceux de la santé, de l’environnement ou de la sécurité informatique. Une solution pour optimiser l’efficacité du contrôle consiste à le faire exercer, de manière complémentaire, par différents types d’acteurs : les experts, les utilisateurs, les personnes concernées et les citoyens dans leur ensemble.

Tout d’abord, il convient d’assurer le respect par les algorithmes d’exigences essentielles, comme l’absence de traitements discriminatoires ou déloyaux. Cette vérification peut typiquement être opérée par des experts dans le cadre d’un processus de certification comme il en existe déjà pour de nombreux produits, y compris des logiciels. Une telle certification pourrait être organisée de manière sectorielle et rendue obligatoire pour certains types d’algorithmes (comme c’est déjà le caspour les systèmes d’aide à la dispensation de médicaments).

Pour ce qui est des utilisateurs, individuels et professionnels, et des personnes concernées, leur véritable besoin est l’intelligibilité plus que la transparence. Le fonctionnement précis d’un algorithme est de peu d’intérêt pour eux : il s’agit plutôt d’obtenir toute information ou explication utile pour en interpréter les résultats. Pour le médecin, il peut s’agir des symptômes justifiant un diagnostic, des articles de référence sur le sujet ; pour le juge, ce sont les éléments de jurisprudence pertinents ; pour un internaute, les composantes de son profil qui justifient qu’une publicité lui soit présentée. Fournir ces informations n’est pas forcément une tâche simple, surtout quand les algorithmes en question reposent sur l’apprentissage. Différentes méthodes peuvent être appliquées, qui relèvent surtout aujourd’hui de la rétro-ingénierie, c’est-à-dire de la reconstitution a posteriori de la logique de l’algorithme. Elles mériteraient d’être plus largement diffusées. L’idéal serait cependant de promouvoir une démarche plus constructive, dans laquelle les concepteurs des algorithmes d’aide à la décision se préoccuperaient de produire, en plus des résultats attendus (recommandation, classement, etc.), des éléments d’explication, de justification. Ce domaine de recherche connaît actuellement un intérêt croissant, et on peut espérer qu’il contribuera à mieux maîtriser l’utilisation des algorithmes.

En plus des experts et des utilisateurs des algorithmes, les citoyens doivent pouvoir débattre collectivement de certaines questions qui relèvent de choix de société : jusqu’où souhaitons-nous aller en termes d’individualisation des traitements ? En matière d’assurances, doit-on passer par pertes et profits le principe de mutualisation ? Au-delà des critères légaux de discrimination, quels sont les facteurs qui devraient pouvoir être utilisés pour personnaliser les prix des biens de consommation ? La loi informatique et libertés, comme le règlement (européen) général sur la protection des données (RGPD), accorde, dans certains cas, le droit d’obtenir une intervention humaine ou de s’opposer à un traitement, mais comment assurer qu’il ne s’agit pas, en fait, d’une pure formalité ? Qu’en est-il des responsabilités si une décision prise sur le fondement d’un algorithme s’avère mauvaise et cause des préjudices ?

Pour pouvoir organiser ces débats en toute sérénité, il est primordial d’améliorer notre connaissance, en développant la recherche scientifique sur l’intelligibilité des algorithmes. Mais il faut aussi améliorer la formation des citoyens en matière de numérique, afin de faire advenir, comme l’a évoqué la présidente de la Cnil, Isabelle Falque-Pierrotin, «l’homme honnête numérique».

Lu pour vous sur libération.fr

Des coïncidences troublantes !

Comme beaucoup de Guinéens j’ai noté la coïncidence troublante entre l’annonce de la « fausse mort » du Chef de l’État et l’assassinat du Chérif de Sagalé. J’ai été encore plus troublé lorsque j’ai lu que le ministre avait l’ordre de ramener le présumé coupable à Conakry alors qu’il y a un tribunal de LABÉ (région du ressort du lieu du crime.

Maintenant que la mort du coupable présumée est annoncée, je m’interroge sur la persistance des autorités de Conakry d’ y voir la main noire du djihadiste dans cet assassinat. J’ose croire qu’elles ne cherchent pas à indexer le fouta comme sanctuaire du terrorisme international pour justifier les violences et l’occupation militaire de cette région en prélude à la volonté à peine déguisée d’Alpha Condé pour tripatouiller la constitution. Ce serait alors jouer avec le feu car notre pays est épargné par cette gangrène.

Le crime odieux de sagalé doit être expliqué car nous refusons l’idée de la mort du coupable sans élucidation du crime car autorités ont eu suffisamment du temps avec plus de 10 jours pour dénouer cette abomination. Les approximatives et les tentatives d’explication politique ou de falsification seront dénoncées et condamnées. Le gouvernement est dès à présent averti que toute récupération plongera les populations guinéennes dans une psychose aux conséquences inimaginables et le citoyen n’est pas prêt à se résigner.

Il est urgent pour le gouvernement d’agir avec responsabilité pour l’acceptation des conclusions de l’enquête judiciaire, car nous sommes déjà suffisamment ébranlés par l’assassinat sauvage d’un « saint-homme » pour jouer avec nos nerfs.

UFDG : DÉCLARATION

La Direction Nationale constate avec regret que l’affaire Mamadou Koula Diallo est instruite non pas contre le meurtrier du journaliste mais comme un procès de l’UFDG et de ses cadres. Elle proteste contre La gestion irrespectueuse du droit et la violation répétée des règles de procédure à leurs dépens. Le sentiment d’injustice qui en est ressenti renforcé par l’idée d’une volonté de déstabiliser l’UFDG crée des crispations pouvant conduire à des tensions politiques.

En vérité, tout indique, de plus en plus, que l’assassinat de Mamadou Koula Diallo pourrait être la résultante tragique d’un échafaudage machiavélique construit depuis Paris et dont le but ultime serait de laminer l’UFDG. Il fallait tout d’abord que Bah Oury donne des gages de sa servilité par des discours inflammatoires et diffamatoires contre l’UFDG et son leader. Cette mission remplie à la satisfaction de ses nouveaux maitres, il pouvait rentrer au pays par la grâce d’un décret, bénéficier des moyens de l’Etat et avec son statut dans le parti, ronger, tel un virus, la stabilité de l’UFDG.

La réaction du parti, en excluant Bah Oury de ses instances et en montrant en même temps le peu de poids qu’il représentait, a contrarié le dessein de la marionnette et de ses manipulateurs. Il leur fallait emprunter un autre chemin : ce sera celui du drame qui a conduit à l’assassinat du journaliste Mamadou Koula Diallo. Sinon comment le Pouvoir, dûment sollicité par l’UFDG, pouvait-il refuser son assistance sécuritaire le jour du drame alors que des menaces de mort et de troubles proférées par Bah Oury étaient relayées par tous les médias du pays ? La survenance de cet événement tragique, qu’on n’a pas voulu empêcher, ne procède-t-elle pas de la stratégie et de la détermination de ceux qui veulent, coûte que coûte, affaiblir l’UFDG sur l’échiquier politique du pays ?

En tout cas cette hypothèse semble se confirmer par les manquements dans l’instruction de l’affaire Mamadou Koula Diallo, comme en témoignent les faits suivants : retrait de l’enquête de la responsabilité d’officiers professionnels au profit d’officiers notoirement zélés ; enquête préliminaire bâclée évitant délibérément une reconstitution des faits selon les règles de l’art, celle-ci n’ayant concernée que les agents du service de maintien d’ordre du Parti ; arrestations des gardes rapprochés du Président de l’UFDG sur le lieu des interrogatoires ; extorsions d’aveux sous tortures et promesses en l’absence de leurs Avocats dont l’un s’est vu refusé l’accès aux locaux du PM3 peu avant la formalisation de procès-verbaux additifs.

Le dernier avatar de ces manquements aussi provocateurs que scandaleux est le fait que, sur simple demande de Bah Oury, se disant partie civile dans l’affaire Mamadou Koula Diallo, le tribunal ait curieusement ordonné la comparution de témoins constitués de cadres de l’UFDG et de l’épouse du Président au prétexte aussi fallacieux que grotesque d’avoir participé à ​une réunion dont l’objet serait, selon lui, la préparation de son assassinat.

Cet appel des témoins à la demande de BAH Oury est une transgression grave des articles 390 et 417 du code de procédure pénale. Au demeurant, il est clair que cette violation des règles de procédure vise plutôt à régler les comptes à l’UFDG que de rechercher, dans le respect des dispositions légales, la vérité dans l’assassinat du journaliste Koula DIALLO. Ce changement d’objectif ne fait que décrédibiliser l’institution judiciaire et affaiblir l’état de droit dans notre pays.

Il importe de rappeler que jusqu’à présent l’UFDG a pleinement coopéré avec les services judiciaires dans la recherche de la vérité dans cette affaire. En effet, le Président et tous ses collaborateurs qui ont été sollicités ont répondu à toutes les invitations ou convocations qui leur ont été adressées depuis le début des enquêtes et ont apporté leurs contributions à la manifestation de la vérité.

Le Parti et ses dirigeants souhaitent continuer dans cette voie en coopérant avec la justice dans le respect des règles de droit. Cependant, il ne peut pas continuer à accepter indéfiniment que Monsieur BAH Oury, indéniablement appuyé par le pouvoir, continue d’instrumentaliser l’institution judiciaire pour régler ses comptes personnels avec l’UFDG.

La Direction Nationale exprime sa solidarité et son soutien à tous les militants et responsables du Parti qui sont injustement victimes d’acharnement judiciaire et demande aux militants de rester mobilisés pour la défense du Parti et de ses droits.

Conakry, le 20 octobre 2017

La Direction Nationale

Telimele : manifestation contre le manque du courant

Ce lundi, 09 Octobre, les habitants du centre ville de Télimélé ont battu le pavé pour réclamer un meilleur courant électrique. Depuis plusieurs mois, rapporte notre source, le courant qui est fourni par EDG ne peut même pas charger la batterie d’un téléphone. Le mouvement est très suivi par les populations qui comptent sur le peu d’Electricité fourni par le micro-barrage de Samankou pour leurs activités génératrices de revenus. Les écoles du centre urbain ont arrêté les cours.

Au moment où nous redigeons ces lignes, les meneurs du mouvement sont en entrain d’égrener leurs revendications aux autorités préfectorales. Le préfet étant absent, ce sont les secrétaires généraux des collectivités locales et de l’Administration qui sont censés répondre aux sollicitations des grognards.

Guinée : Débat d’orientation budgétaire : Une autre supercherie du pouvoir Condé

La loi organique guinéenne en vigueur portant sur la loi des finances indique dans son article 15 que l’assemblée nationale organise un débat d’orientation budgétaire en séance publique. Un débat à l’issu duquel un vote peut avoir lieu.

Ce débat d’orientation budgétaire doit intervenir chaque année, trois mois avant la présentation du projet de loi des finances qui en concrétise la première année. Le cadrage pluriannuel, macroéconomique et budgétaire, précède ainsi, à la fois logiquement et chronologiquement, les budgets annuels.

Il faut par ailleurs rappeler que cette loi prévoit que le débat d’orientation budgétaire (DOB) doit permettre un débat clair et démocratique sur les grandes orientations de la politique de finances publiques et les priorités budgétaires du pays. Dans cette logique, les CBMT (Cadres Budgétaire Moyen-Terme) et CDMT (Cadres de Dépenses Moyen Terme) sont présentés par le gouvernement à l’Assemblée nationale.

En dépit de cette disposition légale clairement établie, la mouvance présidentielle trouve un moyen de faire autrement. Avec la complicité du président de l’assemblée, elle fait remplacer le législateur par les seuls membres du bureau du parlement. Un bureau composé de la mouvance présidentielle essentiellement (11/13).

A cet effet, le gouvernement incompétent et animé de mauvaise foi, attend la veille de l’ouverture de la session budgétaire ordinaire pour organiser un simulacre de débat. D’où la légitime question de savoir ce que l’exécutif a à cacher ? Ou tout simplement de savoir ce que rapporte un tel débat d’entre soient ?

Le bureau de l’assemblée n’ayant aucune prérogative pour statuer en lieu et place de l’ensemble des parlementaires pour un débat d’orientation en dehors d’une session ouverte à tous, il y a lieu de dénoncer la carence notoire de compétence du président du parlement et son refus de se plier aux injonctions de la loi et la mauvaise foi manifeste de la mouvance dans cette supercherie.

On ne le dira jamais assez : c’est la loi qui impose ce débat et explique la procédure de sa tenue. Il ne peut se faire autrement qu’en respectant les termes qui le régissent.

Autrement (et c’est ce que le pouvoir en place fait), on verse dans la négation du principe qui veut que le DOB ait pour but de renforcer la démocratie participative en instaurant une discussion au sein de l’assemblée sur les priorités et les évolutions de la situation financière de la Guinée, en donnant aux élus la possibilité de s’exprimer sur l’Etat financier du pays.

Conséquence, au lieu de saisir cette occasion en considérant cet exercice comme un outil pédagogique associant la majorité et l’opposition, l’exécutif préfère organiser une comédie en lieu et place d’un débat réel. Et cela, sous le magistère de l’autoproclamer professeur de droit.

C’est pourquoi, les Guinéens doivent savoir que le pouvoir actuel, dans toute sa dimension, ne fait que narguer les populations. Et que celles-là à leur tour doivent sans délai, rappeler qu’elles sont les seules détentrices du pouvoir.

Ousmane Gaoual Diallo, député à  l’Assemblée nationale 

Cellou Dalein: «Alpha Condé n’a plus aucune légitimité de nous gouverner »

Cette fois-ci encore la marche de l’opposition a connu une forte mobilisation. Du rond point de la Tannerie  à Bambeto, une foule compacte a suivi le cortège des opposants. Des discours hostiles au pouvoir ont été prononcés à Bambéto. A tour de rôle, les leaders ont d’abord salué la forte mobilisation avant de  fustiger l’impunité, la mal gouvernance du régime Alpha Condé. Par ailleurs, ces opposants n’excluent pas de demander le départ du président de la République. Très remonté contre le meurtre répété d’opposants voici ce que Cellou Dalein Diallo a déclaré ce mercredi devant ses militants:

« Mes chers compatriotes ici présents, je voudrais vous féliciter très sincèrement aux noms de mes collègues pour cette participation massive à la marche que l’opposition républicaine a décidée d’organiser pour marquer sa solidarité avec les familles qui ont perdu leurs enfants lors de nos manifestations et en dehors de nos manifestations. Nous avons aussi organisé cette manifestation pour exprimer  notre indignation face à l’indifférence de ceux-là qui sont chargés d’assurer la sécurité et de garantir la justice aux citoyens de notre pays. C’est une situation qu’on ne peut pas comprendre qu’un gouvernement qui se dit gouvernement de la République qui reste indifférent à l’assassinat de plusieurs citoyens de manière répétitive dans des circonstances identifiées.

Souvenez-vous qu’on a enterré ici à Bambéto une fois une douzaine de jeunes âgés de 13 à 25 ans, ils auraient dû être avec nous aujourd’hui. Ils sont sortis de chez eux enthousiastes avec l’idée de participer à une manifestation et donc exercer un droit constitutionnel, ils ne sont pas rentrés vivants. Ils sont pour la plupart à quelques mètres de nous alors qu’ils étaient à la fleur de l’âge. Nous ne pouvons plus accepter que nos frères et sœurs périssent sous les balles des forces de défense et de sécurité, ceux-là même qui sont recrutés, formés, habillés, payés pour assurer la sécurité des citoyens.

Il y a parfois des bavures dans tous les pays, mais lorsque, à chaque manifestation, vous perdez 2, 3 jusqu’à 12 personnes et que le gouvernement reste indifférent,  il ne mérite pas de diriger le pays. C’est pourquoi je dis que monsieur Alpha Condé n’a aucune légitimité de nous diriger. S’il est incapable d’être le président de tous les Guinéens et de faire l’effort de conduire des enquêtes pour que ceux qui ont été tués en plein exercice de leurs droits. Il n’a plus alors aucune légitimité de nous gouverner. Il faut qu’on continue cette lutte contre l’impunité.»

Propos recueillis par Dalanda Bah(guineenews)

Ce serait tellement plus commode si Stephen Paddock avait été musulman

Pourquoi les États-Unis refusent-ils obstinément d’affronter le problème des armes, alors qu’ils mettent le monde sens dessus dessous pour combattre les organisations terroristes islamistes ? C’est la question lancée sur un mode provocateur par ce journaliste, après la fusillade de Las Vegas.

Si seulement Stephen Paddock avait été musulman… Si seulement il avait hurlé “Allah Akhbar” avant d’ouvrir le feu sur tous ces gens venus profiter d’un concert à Las Vegas… Si seulement il avait été membre de Daech… Si seulement nous avions une photo de lui posant avec un Coran dans une main et un fusil semi-automatique dans l’autre…

Si tout cela avait eu lieu, personne ne nous demanderait de ne pas déshonorer les victimes et de ne pas “politiser” le massacre en évoquant des mesures préventives.

Non, non, non. Si tout cela avait eu lieu, la stratégie serait claire : des audiences seraient immédiatement organisées au Congrès au sujet du pire attentat terroriste subi sur notre sol depuis le 11 septembre 2001. Toutes les heures, Donald Trump ne se priverait pas de tweeter “Je vous l’avais bien dit” – ce qu’il fait quelques minutes après chaque attentat commis en Europe, précisément pour les exploiter à des fins politiques. La création d’une commission d’enquête serait exigée, afin de déterminer les lois nécessaires pour éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise. Enfin, nous envisagerions “toutes les possibilités” de riposte contre le pays d’origine du terroriste.

Pourvu que rien ne se passe

Mais que faire quand nous sommes le pays d’origine ?

Que faire quand le tueur n’était qu’un Américain perturbé, armé jusqu’aux dents d’équipements militaires achetés en toute légalité ou acquis facilement grâce à nos lois incroyablement laxistes sur les armes à feu ?

Nous connaissons déjà la suite : le président et le Parti républicain mettent les bouchées doubles pour veiller à ce que rien ne se passe. Puis ils réaffirment – contrairement à leurs discours après chaque attentat de Daech – qu’il ne faut pas “politiser” cet événement en demandant à tous, à commencer par eux-mêmes, de se regarder dans le miroir et de repenser leur opposition à des lois de bon sens sur les armes à feu.

Résumons la situation : nous n’hésitons pas à mettre le monde sens dessus dessous pour retrouver jusqu’au dernier combattant de l’État islamique en Syrie – en déployant des bombardiers B-52, des missiles téléguidés et des avions F-15, F-22, F-35 et U-2. Nous demandons aux hommes et aux femmes les plus courageux de notre pays de s’engager dans l’armée pour tuer ou capturer jusqu’au dernier terroriste. Et combien d’Américains l’État islamique a-t-il tués au Moyen-Orient ? Je ne me souviens plus, est-ce plutôt 15 ou 20 ? Notre président ne se lasse pas de nous dire que concernant Daech, l’échec n’est pas une option et la pitié n’est pas à l’ordre du jour. Et il se dit intraitable au point d’avoir choisi un ministre de la Défense [James Mattis] dont le surnom est “Chien enragé”.

Mais quand il s’agit d’affronter la NRA – la National Rifle Association, qui bloque plus que tout autre lobby l’adoption de lois simples sur les armes –, la victoire n’est pas une option et la modération n’est pas à l’ordre du jour. Le président comme le Parti républicain n’ont plus dans leurs effectifs de “chien enragé”, mais uniquement des “chatons”.

Et ils ne s’imposeront pas même le plus petit des sacrifices – celui qui risquerait de leur faire perdre leur siège au Congrès – pour défendre des textes de loi susceptibles d’empêcher, par quelques mesures, un Américain d’amasser un arsenal complet. Stephen Paddock avait 42 armes à feu, dont plusieurs fusils d’assaut – 23 dans sa chambre d’hôtel et 19 chez lui – ainsi que des milliers de cartouches et quelques “appareils électroniques”. L’équipement d’un chasseur du dimanche, je suppose.

Pour anéantir l’État islamique, notre président et son parti sont prêts à tout. Mais dès qu’il s’agit de demander la plus petite concession à la NRA, il n’y a plus personne. Peu importe combien d’innocents sont tués, peu importe même qu’un de leurs leaders au Congrès ait été gravement blessé lors d’un match de base-ball [Steve Scalise, en juin dernier], ce n’est jamais le bon moment pour discuter des véritables mesures qui pourraient réduire la violence armée.

Pas plus de débat sur le changement climatique

Après les ouragans d’une puissance inédite qui ont provoqué plus de 200 milliards de dollars de dégâts à Houston et à Porto Rico, Scott Pruitt, responsable de l’Agence fédérale pour la protection de l’environnement (EPA) [et climatosceptique notoire], a également déclaré que ce n’était pas le moment de discuter des “causes et effets” de ces monstrueuses tempêtes et des mesures nécessaires pour atténuer leur impact. Nous devons nous concentrer sur l’aide aux victimes, a-t-il déclaré. Mais pour Scott Pruitt, nous savons que ce n’est jamais le moment d’avoir un vrai débat sur le changement climatique.

Prendre au sérieux Daech à l’étranger mais ne rien faire pour dissiper les autres menaces bien réelles qui planent dans nos quartiers, salles de concerts et villes côtières relève de la folie pure.

C’est aussi un choix synonyme de corruption, car il est motivé par l’argent et la cupidité – par les fabricants et les revendeurs d’armes, les sociétés pétrolières et minières, et l’ensemble des élus et régulateurs dont ils ont acheté le silence. Ils savent parfaitement que la majorité des Américains ne veut pas abroger le droit de chasser ou de se défendre. Nous voulons simplement empêcher les particuliers d’amasser un arsenal militaire chez eux ou dans une chambre d’hôtel, et de l’utiliser contre des Américains innocents en cas d’accès de rage incontrôlé. Mais la NRA tient ces lâches élus à la gorge.

Que pouvons-nous faire ?

Aucune chance de les faire changer d’avis. Ils ne sont pas désorientés ou mal informés : ils sont corrompus ou intimidés. Car aucun député américain honnête ne serait capable, après les événements de Las Vegas et de Porto Rico, de déclarer : “Je pense que le mieux et le plus prudent, pour nos enfants, est simplement de ne rien faire.”

Il n’y a plus qu’une solution : prendre le pouvoir. Si vous êtes aussi excédés que moi, inscrivez quelqu’un sur les listes électorales [beaucoup de citoyens ne sont pas inscrits], lancez-vous en politique ou soutenez la campagne de quelqu’un qui s’engage à remplacer ces élus lâches par une majorité en faveur de la réglementation des armes à feu. C’est une question de pouvoir brut, pas de persuasion. Et notre première occasion de bouleverser le rapport de forces sera les élections de mi-mandat en 2018. Aucune chance d’obtenir le moindre changement d’ici là. Ne perdez pas votre temps.

Prenez le pouvoir. Lancez-vous dès maintenant.